Mon parcours magie

André Pierdel est issu du music hall où il fait ses débuts en 1934 comme illusionniste. De la magie aux effets spéciaux, la voie était toute tracée pour cet artisan du merveilleux passionné par les activités manuelles.

Lorsque je dis manuel, la magie en fait partie. Cet art a besoin de manipulation, de prestidigitation, c'est cela qui m'a attiré depuis l'âge de huit ans et qui a continué professionnellement avec des différents numéros jusqu'en 1946 mais aussi entre 2 contrats lorsque ceux-ci ne se suivaient pas.magie


Pour le côté créatif, dès l'école, je construisais des maisons en carton afin de pouvoir gagner des sacs de billes pendant les récréations ; j'ai aussi construit pour l'Exposition Universelle de Paris en 1937, un bateau style croiseur, d'environ 1m50 de long avec 8500 allumettes collées une à une. Ceci m'a permis d'obtenir un second prix au concours du Pavillon du Tabac. J'avais 14 ans. J'ai continué toute ma vie à fabriquer de mes propres mains divers truquages pour la magie et le cinéma ainsi que pour mes propres besoins : tel que la réalisation d'une chambre d'enfant transformé en cirque ou de divers meubles ou accessoires conçus pour faciliter la vie courante.
Il n'y a que seulement deux ans que j'ai abandonné ces constructions, l'âge ayant eu raison de ma personne, mais je reste malgré cela, toujours aussi imprégné de ces deux métiers que sont la magie et le cinéma.

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Ce fut, pendant la guerre, à la fin de l'année 1943, que je modifiais mon vrai nom Delepierre en Pierdel, sur une idée de Jacques Tati : Delepierre, ça sonne mal, mettez votre nom à l'envers. Pierdel est devenu mon nom de scène puis mon pseudonyme dans le cinéma et l'on se complaît toujours à m'appeler ainsi aujourd'hui.
La guerre finie, je repris l'illusion dans les music-halls de Paris. Je suis passé au Petit Casino, à Bobino, à la Gaieté Montparnasse, au Théâtre de l'Etoile, au Luna Park, à l'Alhambra, à l'ABC, etc. Tous ces music-halls ont hélas maintenant disparus. J'ai fait parti des spectacles d'Edith Piaf et de Maurice Chevalier.

J'ai participé également à de nombreux galas à l'étranger ainsi qu'avec Jean Nohain, aux " Tréteaux Chantants ", spectacles en plein air à Paris et en Province. Aux tours de chant, notamment celui de la chanteuse Fréhel, était mêlé divers numéros de jonglage, de ventriloquie ou de magie.

Je suis passé, à l'Alambra d'Asnières, durant deux semaines avec André Bourvil qui débutait dans le métier comme comique troupier en jouant de la trompette. J'ai également été dans le même spectacle où débutait Georges Guétary au Concert Pacra à Paris. A la même époque, je suis passé dans la plus prestigieuse salle de Paris, le Gaumont Palace, place Clichy.

Les lendemains de guerre furent difficiles. Le monde du spectacle changeait. De nombreux music-halls ont fermé et pour les artistes, les contrats ne couraient pas les rues. Pour gagner ma vie, entre deux numéros, j'ai travaillé chez Guy Bert, rue Saulnier, derrière les Folies Bergères. C'était un marchand de trucs de magie.